1 Calisson
ONDES DE CHOC
14h à l’Artéphile
7, rue Bourgneuf - 84000 Avignon
En 1971, l'alpiniste René Desmaison décide de s'attaquer à « la scène verticale » des Grandes Jorasses, une muraille de glace. Il embarque avec lui Serge Gousseault, 23 ans, un bon grimpeur mais encore novice, qui va y laisser la vie. Les auteurs imaginent ici que l'expédition est retransmise, pour la première fois, en direct sur RTL. En réalité, Desmaison avait fait vivre une ascension aux auditeurs de cette radio trois ans auparavant.
Le but de la pièce, comme l'indique son titre, Ondes de choc, est de dénoncer le voyeurisme médiatique. Mais, dans ce cas, l'événement est très mal choisi puisque c'est Desmaison, avide de notoriété, qui recherchait les médias, non l'inverse ! Mais admettons et passons...
Les deux comédiens tiennent, en alternance, le rôle des deux alpinistes et des deux animateurs radios. Problème : ils ne donnent de la consistance ni aux uns ni aux autres. Ce défaut vient du choix narratif. Faute de pouvoir montrer une ascension, les passages en montagne, qui occupent une grande place, tiennent davantage d'une lecture. Il y a peu de jeu corporel, les comédiens se contentant, la plupart du temps, d'une description orale de leurs actions. Pas ou peu de mouvements. On ne voit pas, on écoute, mais le texte, trop écrit, ne permet pas à l'émotion de s'installer. On reste en dehors du récit. Faute de vrais dialogues, on ne sent pas le frisson des alpinistes, ni, par ailleurs, le ton journalistique avide de sensationnel que la pièce veut dénoncer.
A vouloir faire primer la parole, il aurait peut-être mieux valu utiliser des voix off et donner plus de place aux journalistes.
Cela aurait eu l’avantage de nous faire suivre l’ascension comme on suit un feuilleton, à travers notre imagination.
Auteur : François Couder
Mise en scène : François Couder
Interprètes
Yann Boyenval
Pierre Ficheux
Costumes : Delphine Brouard
Création lumière : Léandre Garcia
Régie : Andrès Hernandez
Création son : Sébastien Renard