1 Calisson

Auteur : François Couder
Mise en scène : François Couder
Interprètes
Yann Boyenval
Pierre Ficheux
Costumes : Delphine Brouard
Création lumière : Léandre Garcia
Régie : Andrès Hernandez
Création son : Sébastien Renard
ONDES DE CHOC
14h00 au Théâtre de L'Artéphile
En 1971, l'alpiniste René Desmaison décide de s'attaquer à « la scène verticale » des Grandes Jorasses, une muraille de glace. Il embarque avec lui Serge Gousseault, 23 ans, un bon grimpeur mais encore novice, qui va y laisser la vie. Les auteurs imaginent ici que l'expédition est retransmise, pour la première fois, en direct sur RTL. En réalité, Desmaison avait fait vivre une ascension aux auditeurs de cette radio trois ans auparavant. Pourquoi ce déplacement temporel ? Mystère.
Le but de la pièce, comme l'indique son titre, Ondes de choc, est de dénoncer le voyeurisme médiatique. Mais, dans ce cas, l'événement est très mal choisi puisque c'est Desmaison, avide de notoriété, qui recherchait les médias, non l'inverse !
Mais admettons et passons...
Les deux comédiens tiennent, en alternance, le rôle des deux alpinistes et des deux animateurs radios. Problème : ils ne donnent de la consistance ni aux uns ni aux autres. Ce défaut vient du choix narratif. Ce n'est pas vraiment une pièce. Faute de pouvoir montrer une ascension, les passages en montagne, qui occupent une grande place, tiennent davantage d'une lecture. Il y a peu de jeu corporel, les comédiens se contentant, la plupart du temps, d'une description orale de leurs actions. Pas ou peu de mouvements. On ne voit pas, on écoute, mais le texte, trop écrit, ne permet pas à l'émotion de s'installer. On reste en dehors du récit. Faute de vrais dialogues, on ne sent pas le frisson des alpinistes, ni, par ailleurs, le ton journalistique avide de sensationnel que la pièce veut dénoncer.
A vouloir faire primer la parole, il aurait sans doute mieux valu utiliser des voix off et donner bien plus de place aux journalistes.