5 Calissons

Auteur : Jean-Claude Carrière
Mise en scène : Alexandre Tchobanoff
Assistante à la mise en scène : Prisca Lona
Interprètes
Stéphane Bierry
Yann Collette
Prisca Lona
Lumières : Alexandre Tchobanoff
Décors : Alexandre Tchobanoff, Prisca Lona
Costumes : Alexandre Tchobanoff, Prisca Lona
Production : Le Théâtre De Demain
Soutien : Adami Déclencheu
LE CIRCUIT ORDINAIRE
13h35 au Théâtre du Girasole
Avez-vous déjà dénoncé quelqu'un ou écrit une lettre anonyme afin d'informer les autorités du comportement suspect de certains citoyens ? Si ce n'est pas le cas, et, bien sûr, si vous vivez dans une dictature, vous aurez sans doute envie de le faire en sortant de cette pièce !
La pièce débute par l'ouverture (très symbolique) d'un rideau de fer, et une musique évoquant les pays de l'Est. Une femme, dont on devine qu'elle est « l'œil de Moscou », se tient là, silencieuse. Ne spoilons pas, mais saluons au passage la muette et remarquable performance de cette comédienne espionne (Prisca Lona)...
Arrivent le commissaire Stéphane Bierry, puis l'indic Yann Collette.
Commence un huis-clos et une joute inégale... La performance de Yann Collette atteint de tels sommets, tant dans le ton que dans les gestes, que l'on pourrait croire qu'il écrase totalement son partenaire. C'est vrai, mais il ne s'agit nullement d'une différence de talent entre deux comédiens mais de la nécessité imposée par leurs rôles. La voix forte de Stéphane Bierry, ses emportements et ses doutes trahissent l'aspect "primaire" du commissaire. Ils contrastent avec la voix et l'attitude de ce serpent d'indic, toujours égal, posé, sans relief, bon élève. On saura pourquoi en allant voir cette magnifique pièce portant un texte intelligent signé Jean-Claude Carrière.
Un avertissement cependant : si vous aimez uniquement les bouffonneries, ceci n'en est pas une. Il y a bien, de-çi, de-là, une touche de fantaisie, mais le sujet est difficile qui nous fait entrer dans la tête d'un indic maîtrisant la dénonciation comme personne, et se faisant un malin plaisir d'en dévoiler les mécanismes tordus.
Mais on l'a dit, on le répète : quand les comédiens sont excellents, tout peut passer, même l'ignominie.